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DLFP - Dépêches  -  darktable 2.6.0

 -  4 janvier - 

darktable est un logiciel de retouche d’images spécialisé dans le traitement de photos « raw », c’est‐à‐dire des données brutes du capteur de l’appareil photo. Il a la particularité d’être non destructif c’est‐à‐dire qu’il ne modifie jamais les fichiers sur lesquels il travaille : on gère un ensemble de transformations à appliquer au fichier raw, et darktable permet d’exporter le résultat dans les formats d’images classiques.

darktable

Comme le veut la tradition, une nouvelle version de darktable est sortie pour Noël : la 2.6.0. 2018 a été une année de renouveau pour darktable, avec de nombreuses fonctionnalités majeures réalisées par de récents contributeurs.

Pour connaître les nouveautés…

Sommaire

Parmi les principales nouveautés :

  • un nouveau module retouche, similaire au module de correction de taches, avec copie intelligente (outil de correction) et la possibilité d’agir sur chaque niveau de détail individuellement ;
  • un nouveau module filmique, capable de gérer la plupart des aspects de tonalité d’une image en un seul module, tout en préservant la couleur ;
  • une refonte complète du module de balance des couleurs, qui peut être vu comme une variante plus orientée couleurs que le module niveaux ; grâce à de nouvelles options de sélection de couleurs, ce module permet d’effectuer la plupart des ajustements automatiquement ;
  • la possibilité de guider le floutage d’un masque de fusion, afin de sélectionner précisément un objet avec le minimum d’effort.

Tout ceci vous est ici dévoilé, et bien d’autres nouveautés, dans la suite de cette dépêche.

Comme toujours, le format de base de données est changé avec cette version majeure, vous ne pourrez pas relancer les versions antérieures sur vos photos après avoir lancé darktable 2.6. Pensez à faire une sauvegarde de votre base de données (répertoire ~/.config/darktable/) avant la mise à jour.

Fonctionnalités principales

Un nouveau module : « retouche »

Même si darktable se focalise principalement sur le développement RAW, les dernières versions ont introduit des fonctionnalités habituellement réservées aux éditeurs orientés pixels tel que GIMP, comme le module liquéfier.
Une étape importante de plus dans cette direction est faite avec ce nouveau module retouche, qui remplace essentiellement le module correction des taches, avec séparation des fréquences pour une retouche fine.

Améliorations comparées au module de correction des taches

Le module a bien plus d’options que le module correction des taches, mais tout ce que vous pouviez faire avec le précédent reste disponible dans le module retouche.

Aperçu du module retouche

Comme avec correction des taches, vous sélectionnez une forme (cercle, ellipse, chemin ou brosse ; cette dernière n’existait pas dans correction des taches) et vous cliquez simplement sur la partie de l’image que vous souhaitez effacer. Le module va copier une autre partie de l’image pour la masquer. Glissez au lieu de cliquer pour choisir la source à cloner, ou ajustez les contrôles ensuite.

De nombreux détails vont vous faciliter la vie :

Outil de correction, de meilleurs résultats en moins d’efforts

Par défaut, la copie utilise un algorithme de correction (heal, en anglais) emprunté de l’outil correcteur de GIMP, qui adapte la source au contexte de l’emplacement copié. Vous n’avez pas besoin de copier exactement la bonne partie de l’image. Prenons un exemple classique, un petit défaut dans un ciel pas complètement uniforme :

Exemple de retouche

Une mauvaise tentative pour corriger cela avec l’outil de copie donnerait :
Retouche par copie (avec contrôles)

Le morceau de ciel copié pour masquer le défaut est un peu plus sombre que l’endroit où il a été copié. Ce n’est pas évident tant que les outils de contrôle sont affichés sur l’image, mais l’image finale est vraiment mauvaise :
Retouche par copie (sans contrôles)

La même retouche avec le nouvel « outil de correction »1 donne ceci :
Retouche de correction (avec contrôles)

Cette fois, l’image finale est impossible à distinguer d’un ciel sans défaut :
Retouche de correction (sans contrôles)

Même en clonant des parties de l’image de couleurs complètement différentes, l’« outil de correction » réagit étonnamment bien. Poussons un peu le module :
Retouche de correction sur des couleurs différentes

Le morceau blanc est copié vers le T‐shirt bleu, le T‐shirt bleu vers le rouge, et le rouge vers le blanc. Chaque fois, le contraste local est conservé, mais la couleur générale et la luminance du morceau sont adaptées pour s’ajuster à la destination.

L’« outil de copie » basique2 est toujours disponible pour les rares situations où vous en auriez besoin.

Remplir et flouter, quand vous n’avez rien à copier

En plus des outils de copie et de correction (qui fonctionnent seulement quand vous avez une partie de l’image à dupliquer sur celle à effacer), le module retouche fournit un « outil de remplissage »3 (remplir une forme avec une couleur) et un « outil de flou »4 (appliquer un flou pour adoucir une partie de l’image). Ces outils sont particulièrement utiles pour l’édition par séparation de fréquences (voir plus bas).

Une activation, plusieurs corrections : ajout continu

Les outils peuvent être activés en une fois pour plusieurs corrections. Utilisez simplement la combinaison Ctrl +  sur l’un des outils cercle, ligne, ellipse ou chemin (au lieu d’un simple clic), et l’outil restera actif jusqu’à ce que vous le désactiviez explicitement.
Ceci est très pratique lorsque vous avez à corriger plusieurs endroits de la même image, comparé à la version précédente qui vous obligeait à re‐cliquer sur le bouton de l’outil pour chaque correction.

Visualisation de la source de correction

Pour les outils de copie et de correction, chaque correction consiste à sélectionner une source et une destination. Un simple clic permet de définir la destination et, par défaut, darktable sélectionne une zone arbitraire pour la source. Une autre option est de définir la source et la destination par un glisser-déposer avec le curseur de la destination vers la source.

Le module retouche introduit un mécanisme plus avancé :

  • en déplaçant le curseur sur l’image, la destination à corriger est marquée par une forme, alors que la source est marquée par une petite croix : Source & destination de retouche
  • pour sélectionner une source, utilisez Maj +  sur l’image ; la croix est alors placée sur l’emplacement du curseur et ne bougera plus jusqu’à ce que vous sélectionniez la destination, via un simple clic ; ceci est particulièrement intéressant combiné à une activation permanente de l’outil mentionné ci‐dessus, plusieurs corrections sont ainsi possibles sur l’image, la source restant à des coordonnées relatives à la destination ;
  • une variante : utilisez Ctrl + Maj +  au lieu de Maj +  ; ceci définira également l’emplacement de la source, mais cette fois, celle‐ci restera fixe, selon des coordonnées absolues et non plus relatives à la destination à corriger.

Édition par séparation de fréquences

Une difficulté classique de la retouche photo, typiquement pour le portrait, est que l’on souhaite souvent masquer certaines taches, et parfois réduire le contraste local afin de rendre la peau plus lisse, tout en conservant sa texture. Un effacement brutal rendrait la peau trop lisse et donnerait à la photo, au mieux, un aspect « excessivement post‐traité ».

Prenons une image comme exemple (reprise du défi pixls.us PlayRaw « Hillbilly portrait ») :
Exemple de portrait

Une technique commune pour ce type de retouche est de séparer l’image en plusieurs images correspondant à plusieurs niveaux de détail, et de les combiner ensemble. C’est ce que permet le greffon « Décomposer en ondelettes » de GIMP (article en anglais) par exemple.

Après séparation, cela produit une première image floue aux détails grossiers, et une ou plusieurs images contenant seulement les détails.

Dans notre exemple, nous obtenons les niveaux de détail :
Exemple de portrait

Exemple de portrait, échelle 5

Exemple de portrait, échelle 6

Et l’image dite « résiduelle », c’est‐à‐dire l’image où tous les autres niveaux de détail ont été enlevés :
Exemple de portrait, échelle 7

Ce type de transformation est utilisé en interne par le module égaliseur, qui permet d’augmenter ou diminuer l’importance de chaque niveau de détail de l’image. Alors qu’égaliseur travaille globalement sur l’image, retouche permet de sélectionner le niveau de détail et la partie de l’image sur laquelle vous souhaitez travailler.

Dans le module retouche, cela correspond à la partie décomposition en ondelettes de l’interface :
Échelles de décomposition en ondelettes

Cette partie montre un rectangle par échelle de décomposition (du grain le plus fin à gauche au grain le plus grossier à droite). Le rectangle noir à gauche correspond à l’image entière, et le blanc à droite à l’image résiduelle. Par défaut, darktable montre toujours l’image finale, mais vous pouvez visualiser une échelle de détails et l’image résiduelle en cliquant sur le bouton « affiche une seule échelle de décomposition »5.

L’image actuellement sélectionnée apparaît avec un rectangle rouge. Déplacez le curseur du bas pour modifier le nombre d’échelles de détail à utiliser. Selon le niveau de zoom, certains détails d’échelle peuvent être plus fins que ne le permet la résolution de l’écran, donc inutilisables. La ligne grise sur le dessus des échelles montre lesquelles sont visibles au niveau de zoom actuel.

En visualisant l’échelle de détail, le contraste peut être trop faible ou trop fort, le module propose donc un ajustement de niveaux (qui s’applique seulement sur la prévisualisation à l’écran, et n’a pas d’impact sur l’image finale) :
Niveaux d’ajustement

Chaque type d’outil présenté ci‐dessus (« outil de correction », « outil de copie », « outil de remplissage » ou « outil de flou ») est utilisable sur chacune de ces échelles. Voyez‐les comme des calques obtenus d’une image source, et recomposés ensemble, après retouche, afin d’obtenir l’image finale. C’est là où les outils de « remplissage » et de « flou » prennent tout leur sens : l’« outil de remplissage » est par défaut un mode d’effacement lorsque la couleur choisie est le noir, ce qui correspond à supprimer les détails lorsqu’il est utilisé sur les échelles de détails. Il est aussi possible de sélectionner une couleur et de remplir avec celle‐ci (particulièrement utile sur l’échelle de l’image résiduelle). Utiliser l’« outil de flou » directement sur l’image, aboutit à des résultats de post‐traitement clairement visibles, mais l’utiliser de manière sélective sur les échelles permet d’aboutir à des effets plus subtils.

Exemple 1 : réduction de tache au lieu de suppression

Concentrons‐nous sur le bouton situé sous la branche des lunettes. Si nous souhaitons le supprimer complètement, il est facile de le faire avec l’« outil de correction ». Maintenant, que se passe‐t‐il si nous souhaitons le conserver, et seulement le réduire, pour qu’il n’attire plus l’attention ? Nous pouvons simplement le supprimer depuis l’échelle de détails grossiers (échelle 6, dans notre exemple).
Le bouton n’est pas visible sur l’image résiduelle, le supprimer depuis l’échelle de détails est donc suffisant. L’« outil de correction » permet de le faire proprement. Mais en agissant avec l’échelle de détails, l’« outil de remplissage » et l’« outil de flou » peuvent aussi donner de bons résultats. Voici ci‐dessous le résultat sur l’échelle 6 (avant à gauche, après à droite).

Avant/après à l’échelle 6

L’image finale sera transformée comme suit :
Avant/après à l’échelle  6 (image finale)

Désormais, nous pouvons décider que la correction faite sur l’échelle 6 peut aussi s’appliquer à l’échelle 5. Nous pouvons faire la même chose manuellement, mais nous pouvons également utiliser le curseur du haut, intitulé « début de fusion », afin de reproduire automatiquement les formes corrigées sur plusieurs échelles. Toutes les formes créées à droite de ce curseur seront reproduites sur toutes les échelles au‐delà de ce curseur de fusion (sauf si le curseur est positionné complètement à gauche — à 0 —, ce qui signifie que la fusion est désactivée).

Par exemple, en positionnant le curseur à 5, nous appliquons la correction sur les échelles 5 et 6, et obtenons ceci :
Après à l’échelle 5

Si nous déplaçons le curseur plus à gauche, le bouton disparaît progressivement. Selon ce même principe, nous pouvons effacer les marques sur la peau tout en préservant les poils de la barbe :

Avant/après, en préservant la barbeJuste une correction sur l’échelle 7, propagée ensuite jusqu’à l’échelle 5 en utilisant le curseur de fusion

Exemple 2 : jouer avec la texture de peau

Si vous voulez changer la texture de peau sur la joue, vous pouvez appliquer un flou sur une forme de ce type :
Flou sur une échelle de détail

Vous obtenez alors le résultat avant/après suivant :
En changeant la texture de peau

De toute évidence, ce type de retouche doit être pratiqué avec une grande prudence : si la correction est poussée trop loin, cela produira un rendu trop artificiel. En cas de doute, vous pouvez toujours revenir en arrière sur votre retouche et utiliser un mode de fusion avec une opacité inférieure à 100 %, ou modifier l’opacité ou le rayon de flou de chaque forme individuellement.

Exemple 3 : s’amuser avec l’image résiduelle

Juste pour le plaisir (ne reproduisez pas ça chez vous, ou attendez‐vous à des images horribles !), nous pouvons obtenir un effet « tatouage » en utilisant l’« outil de copie » sur l’image résiduelle :
Copie sur l’image résiduelle

Bien que peu élégant, cet exemple illustre le principe de « séparation de fréquences » : nous avons conservé les détails fins de la joue, et copié des détails grossiers de l’image résiduelle.

Nouveau module : « filmique »

Le module filmique a été conçu pour reproduire les meilleurs aspects d’une pellicule argentique associés aux contrôles plus aisés de la photographie numérique. Il peut être utilisé sur toute image en remplacement du module courbe de base, et est particulièrement adapté pour les images à grande plage dynamique (high dynamic range — HDR), c’est‐à‐dire avec un écart important entre les zones les plus claires et les plus sombres de l’image.

Prenons un exemple d’une telle image (extrait du défi pixls.us PlayRaw « Backlit ») :
Exemple d’image HDR

Une approche commune pour agir avec des images à plage dynamique étendue (HDR) est de comprimer le contraste global tout en conservant le contraste local. darktable a plusieurs modules fonctionnant sur ce principe : « mappage tonalités », « mappage global tonalités », « ombres et hautes lumières » et, depuis darktable 2.2, le mode « fusion d’exposition » dans le module « courbe de base ». Cette compression de contraste fonctionne jusqu’à un certain point, les résultats pouvant donner un aspect artificiel si poussée trop loin. Ce que vous souhaitez typiquement éviter est ceci (le module « mappage de tonalités » a été utilisé, le curseur de contraste à son maximum) :

Exemple d’image HDR

Le module « filmique » montre qu’une autre approche est possible et, généralement, donne des résultats plus naturels. Il considère chaque pixel individuellement, sans faire de distinction entre le contraste global et local. Si filmique comprime trop le contraste, il est toujours possible de récupérer le contraste local, avec l’excellent module « contraste local » par exemple.

Le module « filmique » est fait pour être utilisé sans le module courbe de base (activé par défaut dans darktable). La « courbe de base » vient très tôt dans le pipeline graphique et donne une image contrastée, dans laquelle les hautes lumières sont souvent atténuées. Récupérer les détails perdus via courbe de base est difficile. D’autre part, simplement désactiver courbe de base entraîne généralement des images pâles, manquant de contraste et de saturation. D’autres techniques d’amélioration du contraste doivent être utilisées pour compenser cela. Le module « filmique » vient plus tard que courbe de base dans le pipeline graphique, et donne plus de contrôle pour exploiter correctement la plage dynamique de l’image de sortie.

La première chose que fait filmique est d’appliquer une courbe logarithmique sur l’image, de sorte que les « stops » (puissance de deux de luminance d’un espace linéaire) soient répartis uniformément sur l’histogramme.

La source d’inspiration derrière filmique est la pellicule argentique. Une différence entre les pellicules argentiques et les capteurs numériques est la manière dont ils réagissent à la surexposition. Les capteurs numériques ont un seuil d’écrêtage au‐dessus duquel tout est considéré blanc : ils ne peuvent pas faire la distinction entre les pixels légèrement supérieurs au seuil et les pixels fortement surexposés. L’argentique réagit différemment : le contraste est réduit progressivement à mesure que l’image est surexposée, sans cet effet de seuil. Cela permet aux pellicules argentiques de restituer une scène avec une plage dynamique élevée sur un support avec une plage dynamique inférieure, tout en maintenant le contraste et la saturation dans les tons moyens.

Un effet similaire peut être obtenu dans le monde numérique en appliquant une courbe en S à l’image, tant que les hautes lumières ne sont pas écrêtées. Avec le module courbe de tonalités, on peut dessiner une courbe comme celle‐ci :
Ajustement d’exposition

La seconde chose que fait filmique est d’appliquer une telle courbe, mais au lieu de fournir cette courbe manuellement, la courbe est automatiquement calculée depuis un ensemble de paramètres. Cela facilite l’équilibrage des ombres, hautes lumières et tons moyens.

Exemple d’image

Traitons notre image avec ce module. Avant d’appliquer filmique, nous devons d’abord désactiver le module courbe de base, et ensuite ajuster l’exposition. Aucun pixel ne doit être surexposé ou sous‐exposé. Dans notre situation, nous devons réduire l’exposition afin d’éviter de surexposer le ciel :
Ajustement d’exposition

Afin que les paramètres automatiques fonctionnent de leur mieux, il est recommandé d’utiliser le mode « AMaZe » du module dématriçage. Activer un module de réduction de bruit avant filmique, dans le pipeline graphique (p. ex. : réduction de bruit (profil)), peut également aider.

Transformation logarithmique

La première chose affichée dans le module filmique est un aperçu de la courbe appliquée à l’image. La courbe n’est pas directement éditable, l’objectif du module étant d’ajuster la courbe via les curseurs situés en dessous.

Afin d’avoir un bon point de départ de travail, filmique fournit une pipette de réglage de « niveaux automatiques ». Par défaut, ce module considère l’ensemble de l’image et positionne les trois curseurs du dessus en fonction de la luminance moyenne, de la zone la plus lumineuse et de la zone la plus sombre :
En un clic sur niveaux automatiques

À ce stade, l’histogramme doit remplir toute la plage, mais aucun pixel ne doit être sous ou surexposé. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez corriger le problème avec le curseur « facteur de sécurité » : le glisser vers la droite comprime la plage dynamique (l’histogramme doit donc apparaître centré, avec des parties vides à gauche et à droite), et inversement, le glisser vers la gauche l’étend de sorte que les ombres et hautes lumières commencent à s’écrêter. Le curseur noir peut être défini en devinant la plage dynamique de l’image (sur une image suffisamment contrastée, c’est la plage dynamique de la caméra, c’est‐à‐dire environ 14 EV sur un appareil haut de gamme ou environ 10 EV pour un appareil compact moyen). Le curseur noir peut être défini par la valeur du blanc moins la plage dynamique. On peut aussi déplacer le curseur pour laisser l’histogramme remplir sur son axe horizontal.

Dans notre cas, l’outil « niveaux automatiques » a fait le travail correctement, nous allons donc conserver les curseurs tels qu’ils sont. L’histogramme est réparti sur la plage dynamique de l’image cible. Aucun pixel n’est surexposé :
Histogramme après ajustement

C’est ici que la magie opère : la pipette de luminance de gris moyen permet de choisir quelle partie de l’image sera considérée comme gris moyen (50 % de luminance). Par exemple, si nous le définissons sur la joue du chien, nous obtenons ceci :
Gris moyen via la joue du chien

Si nous sélectionnons le nez du chien, qui est plus foncé, nous obtenons une image plus claire :
Gris moyen via le nez du chien

Attention, on est en train de pousser le module dans ses retranchements vu qu’on lui demande d’exposer l’une des zones les plus sombres de l’image comme un gris moyen, ce qui n’est a priori pas une très bonne idée. Mais même dans des conditions extrêmes, le module ne s’en sort pas si mal.

D’autre part, si nous sélectionnons une zone claire du ciel, l’exposition globale est diminuée afin d’obtenir une exposition correcte du ciel :
Gris moyen via le ciel

Sur toutes ces images, les points blancs et noirs sont conservés, et ne sont pas sur ou sous‐exposés. Au final, sélectionner l’herbe derrière le chien est probablement la meilleure option ici, mais c’est une question de goût :
Gris moyen via l’herbe

L’utilisation de l’image complète avec le curseur « luminance du gris moyen » est également un choix sûr. C’est ce que fait « niveaux automatiques ».

Courbe filmique en S

Allons maintenant découvrir la seconde partie de ce module : la « courbe filmique en S ». Cette courbe va principalement permettre d’augmenter le contraste dans les tons moyens (le curseur « contraste ») et comprimer les ombres et/ou hautes lumières. Peut‐être ne l’avez‐vous pas remarqué, mais le module filmique a déjà initié cela à son activation, le curseur de « contraste » étant défini par défaut à 1,5. Si nous désactivons la « courbe filmique en S » (donc définir le contraste à 1), nous obtenons une image plus terne :
Pas de contraste dans la courbe en S

D’autre part, nous pouvons définir plus de contraste que l’option par défaut :
Contraste élevé sur la courbe en S

Bien sûr, à un certain niveau, augmenter le contraste entraînera une perte d’informations dans les ombres et/ou hautes lumières. La courbe en haut du module permet de voir quelle information est perdue : idéalement, la courbe ne devrait pas toucher le bas ou le haut du cadre.

Par exemple, si vous obtenez la courbe ci‐dessous, la texture est perdue dans les noirs :
Ombres saturées

En d’autres termes, ou vous avez détruit vos ombres, ou vous avez volontairement écrêté afin d’obtenir des noirs plus profonds.

Les curseurs sous « contraste » permettent d’affiner précisément la courbe :

  • « latitude » définit la gamme de l’image correspondant aux tons moyens sur lesquels le contraste sera augmenté ;
  • « équilibre ombres-hautes lumières » définit la place à donner aux ombres ou aux hautes lumières ;
  • le menu de contrôle « rendu » contrôle l’interpolation entre les points de la courbe ; la valeur par défaut donne généralement de bons résultats, mais peut aussi être totalement fausse (par exemple, produire une courbe non monotone) lorsque vous poussez les paramètres à leur extrême ; essayez d’autres modes lorsque cela se produit.

L’augmentation du contraste produit souvent une augmentation de la saturation dans les ombres, et une augmentation dans les hautes lumières, ce qui peut amener à des couleurs sortant du gamut de sortie. Le curseur « saturation » permet de diminuer la saturation dans les ombres et hautes lumières extrêmes afin d’éviter cela. D’autre part, dans les hautes lumières, darktable doit habituellement choisir entre la préservation de la luminance et de la chrominance. Par défaut, il préserve la luminance, mais il est possible de privilégier la chrominance par le biais de la case à cocher correspondante. En préservant la chrominance, les images résultantes sont souvent perçues comme sursaturées, ce qui demandera plus d’attention plus loin dans le pipeline (par exemple, en définissant la saturation de sortie du module balance couleur à 75 %).

Il existe une section masquée « destination / affichage », peu utile pour la plupart des utilisateurs. Attendez‐vous à des images horribles si vous l’utilisez sans lire le manuel et sans savoir ce que vous faites !

Touche finale et contraste local

Le contraste a été comprimé dans le ciel, mais nous voyons toujours un peu de texture. Si nous voulons augmenter le contraste local du ciel, le module contraste local avec un masque paramétrique sur la partie la plus claire de l’image produit ce résultat :
Gris moyen via l’herbe

Il est aussi possible de désactiver l’effet de filmique en utilisant les masques, par exemple en excluant les hautes lumières pour éviter ici la compression de contraste.
Un adoucissement du masque sera en général nécessaire pour éviter les bords abrupts ou halos.

Documentation complémentaire

Cette partie vous donne un aperçu de ce qui est possible avec le module filmique. Bien entendu, il est recommandé de lire le manuel de darktable pour plus de précisions.

Pour de plus amples informations (plus de détails techniques, comparaison avec d’autres techniques, exemples d’images réelles…), vous pouvez également lire l’article suivant (en anglais) : « Filmic, darktable and the quest of the HDR tone mapping », par Aurélien Pierre, le créateur du module.

Gestionnaire de clones dans la chambre noire

Avec darktable, vous pouvez conserver plusieurs historiques différents de la même image. En cliquant sur le bouton « cloner » dans le module images sélectionnées de la table lumineuse, cela donne un clone de l’image : le fichier RAW n’est pas copié, mais darktable conserve ainsi deux piles d’historique distinctes pour cette image.

De plus, darktable 2.6 facilite le travail avec les clones, grâce au nouveau module apparaissant dans le panneau gauche de la chambre noire :
Gestionnaire de clones

Première amélioration : de fait, le module étant dans la chambre noire, il est désormais possible de travailler avec les différents clones, sans quitter cette dernière.

Deuxième amélioration : un bref commentaire peut être associé à chaque clone de l’image. Supposons que nous souhaitions comparer notre image développée via le module filmique avec un développement fait via la fonction de « fusion d’exposition » du module courbe de base. Nous pouvons démarrer avec un ajustement d’exposition basique et conserver cette version pour des développements futurs :
Gestionnaire de clones

Ensuite, un clic sur le bouton « créer un clone avec le même historique »6 donne un clone sur lequel nous pouvons appliquer notre traitement basé sur le module filmique :
Gestionnaire de clones

Afin d’obtenir une nouvelle version, nous sélectionnons d’abord le premier par un double clic, avant de créer un clone :
Gestionnaire de clones

Pour comparer les clones, un simple « clic prolongé » sur un autre montre cette version de l’image à un niveau de zoom ajusté à l’écran. Il vous faudra maintenir le clic jusqu’à ce que l’image soit affichée complètement la première fois. L’opération sera immédiate par la suite, vous permettant de cliquer et relâcher plusieurs fois pour obtenir une comparaison avant/après instantanée.

Notez bien que les miniatures de l’image sont seulement mises à jour lorsque vous quittez l’image. La miniature de l’image en train d’être éditée n’est donc en général pas à jour.

Refonte du module « balance couleur »

Le module balance couleur a été considérablement amélioré. Bien que son nom contient le mot « couleur », c’est un module plus général que cela. Il peut ajuster les niveaux à peu près comme le module niveaux et peut également ajuster le contraste avec une courbe proche de la courbe en S du module filmique. Bien entendu, vous pouvez également toujours ajuster les couleurs pour ajouter ou supprimer une dominante de couleur dans les ombres, les hautes lumières et les tons moyens séparément.

Le module gagne deux modes de fonctionnement en mode ProPhotoRGB. De plus, vous avez maintenant le choix entre les anciens « contrôles des couleurs » « RGBL » (rouge, vert, bleu, luminance) et « TSL » (teinte, saturation, luminance).

Jouons avec le module sur une image avec plusieurs balances de blanc. Voici l’image d’origine, avec uniquement les modules de base activés et la courbe de base désactivée :
Liste des modules actifs

La neige est évidemment blanche dans la scène réelle, mais la neige exposée au soleil reflète la lumière de ce dernier, tandis que celle dans l’ombre reflète la lumière du ciel, beaucoup plus bleue. Le module pipette dans la barre latérale gauche de la chambre noire permet de visualiser et de quantifier ces dominantes de couleurs :
Échantillons de la pipette couleurLa valeur négative pour le canal « b » représente la couleur bleue.

Le module balance couleur dispose maintenant d’une pipette pour neutraliser les couleurs. Sur cette image, l’optimiseur automatique fonctionne plutôt bien. Après un clic sur « neutraliser les couleurs », la dominante bleue dans les ombres est réduite :
Optimisation automatique via le module « balance couleur »

En regardant de plus près les patchs sélectionnés par la pipette, notez que la valeur « b » est maintenant beaucoup plus proche de 0 :
Échantillons couleur après normalisation

Si l’optimiseur automatique se trompe, il est possible de spécifier des patchs de couleur pour les hautes lumières, les ombres et les tons moyens (de préférence dans cet ordre) séparément avec les pipettes de couleur correspondantes. Et, si nécessaire, de relancer la fonction « neutraliser les couleurs » (intitulée « neutraliser les couleurs à partir des patchs » une fois que vous avez sélectionné ces patchs).

De même, les tonalités peuvent être ajustées de la même manière que via le module « niveaux », soit avec la fonction « optimiser luma », soit avec des sélecteurs individuels.
La section « maître » en haut permet de régler le contraste et la saturation globale. Les curseurs « contraste pivot » et « contraste » appliquent une courbe, centrée autour du pivot et avec une pente donnée par le contraste. En d’autres termes, avec un contraste positif, les parties de l’image situées en dessous du pivot seront assombries et les parties situées au‐dessus auront leur luminance augmentée :
Gestion de contraste dans le module balance couleur

Bien sûr, l’étalonnage des couleurs est toujours la fonction principale du module balance couleur. Par exemple, pour obtenir un look ancien, avec des ombres bleues et estompées, nous pouvons utiliser la section « ombres : lift / offset ». Définissez le curseur « facteur » sur une valeur positive (afin que les noirs ne soient pas complètement noirs), la « teinte » sur une couleur bleutée, et utilisez le curseur de « saturation » afin de contrôler l’intensité de la coloration. Cela peut donner lieu à des images comme celle‐ci (image prise du défi RAW de la semaine :
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par Matthieu Moy, Nilvus, teoB, Ro_G, Davy Defaud, jpg54, aurelienpierre, JM40, rawfiner, BAud, palm123, pada, Bruno Michel, Trollnad Dump, jpv, Pierre Jarillon, M5oul, osfe, Benoît Sibaud

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